Tombe de Toutânkhamon : l’Incroyable Découverte d’Howard Carter

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Il y a cent ans, Howard Carter révélait le tombeau inviolé de Toutankhamon à Louxor :  le récit d’une quête hors du commun

Louxor, 1922. Cette année-là, la ville tout entière se prépare à vivre un événement qui va bouleverser son destin. Howard Carter, archéologue britannique animé par une obsession – trouver la tombe de Toutankhamon – vient enfin d’atteindre son but. Après des années de fouilles dans la Vallée des Rois, il a mis au jour un tombeau inviolé dont les sceaux sont intacts.

L’annonce de cette découverte provoque une effervescence sans précédent. Des journalistes du monde entier, des têtes couronnées, des touristes en quête de sensations se pressent à Louxor. Le Winter Palace Hotel, quartier général de l’expédition, devient l’épicentre d’une ruée médiatique et touristique qui fera de la ville une destination incontournable.

Cet article vous raconte comment Howard Carter a découvert la tombe de Toutankhamon et pourquoi cette découverte reste l’une des plus célèbres de l’histoire de l’archéologie. De la rencontre décisive entre Carter et son mécène Lord Carnarvon en 1907 à l’ouverture de la tombe, en passant par les tensions politiques et la naissance de la légende de la malédiction des pharaons, plongez dans les coulisses d’une aventure hors du commun.

Photographie recolorisée de l'archéologue Howard Carter penché sur le sarcophage en or massif de Toutankhamon, dans la chambre funéraire du tombeau KV62 à Louxor. Carter retire délicatement la résine parfumée recouvrant le cercueil intérieur du pharaon, à l'aide d'un petit marteau.
Cette photographie emblématique, prise par Harry Burton le 28 octobre 1925, capture l’un des moments les plus intenses de l’expédition archéologique : Howard Carter dévoilant le cercueil en or massif de Toutankhamon, après l’ouverture du sarcophage en quartzite rouge. L’archéologue retire délicatement la résine parfumée qui recouvrait le troisième cercueil du pharaon. La version recolorisée de cette image, réalisée en 2020, révèle pour la première fois l’éclat de l’or et le bleu éclatant du lapis-lazuli qui ornent le chef-d’œuvre de l’art funéraire égyptien. Crédit : Harry Burton / The Griffith Institute, University of Oxford

Pour approfondir, notre article dédié à Toutânkhamon vous explique qui était ce roi et comment visiter sa tombe aujourd’hui.

  1. Il y a cent ans, Howard Carter révélait le tombeau inviolé de Toutankhamon à Louxor :  le récit d’une quête hors du commun
  2. La rencontre qui allait changer le cours de l’égyptologie
  3. Le Winter Palace, quartier général de l’expédition Carter-Carnarvon
  4. La maison de fouille d’Howard Carter, un lieu de mémoire à Louxor
  5. Des années de fouilles infructueuses et l’obsession de Toutankhamon
  6. Le 4 novembre 1922, la découverte qui changea le cours de l’archéologie
  7. Louxor, épicentre d’une ruée mondiale médiatique et touristique
  8. La malédiction de Toutankhamon : la presse à l’origine d’une légende
  9. Conclusion : Une découverte qui a changé le cours de l’archéologie
  10. Sources : quelques références pour aller pour plus loin

Avant que la Vallée des Rois ne livre son plus grand secret, avant que la tombe de Toutankhamon ne captive le monde entier, il y eut une rencontre décisive entre Howard Carter et Lord Carnarvon au Louxor Hotel, en 1907. Celle de deux hommes que tout opposait : George Herbert, 5e comte de Carnarvon, un aristocrate britannique riche et passionné, et Howard Carter, un archéologue autodidacte, obstiné, persuadé que la Vallée des Rois n’avait pas encore révélé tous ses trésors.

Photographie ancienne en noir et blanc de l'hôtel Luxor à Louxor, un établissement de style occidental construit à la fin du XIXe siècle pour accueillir les touristes européens
Cette photographie d’époque, montre le Luxor Hotel à Louxor, l’un des premiers hôtels de style occidental construits en Égypte pour accueillir les touristes européens. Le bâtiment, aujourd’hui laissé à l’abandon , témoigne des débuts du tourisme en Haute-Égypte.
Crédit : Edition Photoglob / Collection McClung Museum

Leur association, née de la recommandation du célèbre égyptologue Gaston Maspero, alors directeur du Service des Antiquités égyptiennes, allait durer près de quinze ans et aboutir à l’une des plus grandes découvertes archéologiques du XXe siècle. Mais leur chemin fut semé d’embûches : des années de fouilles infructueuses, des tensions avec les autorités égyptiennes, et une obstination qui faillit tout faire échouer. Retour sur les origines de ce duo légendaire.

Lord Carnarvon, un aristocrate convalescent passionné d’archéologie

Tout commence en 1903, lorsqu’un tragique accident de la route bouleverse la vie de George Herbert, 5e comte de Carnarvon. Grièvement blessé, l’aristocrate britannique doit trouver un climat favorable à sa convalescence. Son médecin lui recommande l’Égypte, dont les hivers secs et chauds sont réputés pour leurs bienfaits sur les poumons fragiles.

Photographie d'époque de Lord Carnarvon, George Herbert, 5e comte de Carnarvon, et de son épouse Almina Herbert, comtesse de Carnarvon, assistant à une réunion de courses en Angleterre en 1921, un an avant la découverte du tombeau de Toutankhamon en Égypte.
Lord Carnarvon et Lady Almina Carnarvon aux courses en 1921, un an avant la découverte du tombeau de Toutankhamon. Lady Carnarvon, épouse du mécène depuis 1895, ne participa pas à l’expédition en Égypte.

C’est lors de ce premier séjour au Caire que naît sa passion pour l’archéologie. La lecture des travaux de l’égyptologue Gaston Maspero éveille en lui une curiosité insatiable pour la civilisation des pharaons. Carnarvon, homme de goût et de culture, comprend rapidement que les sables d’Égypte recèlent encore des trésors insoupçonnés.

Dès 1904, il sollicite une concession de fouilles. Après quelques démarches, il obtient en 1906 un premier permis pour explorer la nécropole de Cheick-Abd-el-Gournah, sur la rive ouest de Louxor. Mais il lui manque l’élément essentiel à toute expédition archéologique : un archéologue compétent, capable de mener les fouilles avec méthode et rigueur.

C’est Maspero, fin connaisseur des talents de son époque, qui va lui indiquer la perle rare.

Howard Carter, l’obstiné de la Vallée des Rois

Howard Carter n’est pas un archéologue comme les autres. Né à Londres en 1874, il n’a pas suivi le cursus universitaire classique. Sa formation, il la doit à son talent de dessinateur et d’illustrateur, qui le conduit en Égypte à l’âge de 17 ans pour copier des reliefs et des inscriptions.

Portrait en buste de l'archéologue britannique Howard Carter (1874-1939), vêtu d'un costume sombre et d'une cravate, regardant vers l'objectif, photographié dans les années 1920, peu après sa découverte du tombeau de Toutankhamon dans la Vallée des Rois à Louxor.
Portrait de l’archéologue Howard Carter, découvreur du tombeau de Toutankhamon. Photographié dans les années 1920, après la découverte qui le rendit célèbre dans le monde entier. Carter survécut douze ans à l’ouverture du tombeau avant de succomber à un cancer.

Son œil exercé, sa précision et sa passion pour l’Égypte ancienne lui ouvrent les portes du Service des Antiquités. Il devient inspecteur en chef des monuments de Haute-Égypte, un poste prestigieux qu’il occupe jusqu’en 1905, date à laquelle il démissionne à la suite d’un conflit avec des gardes égyptiens. Carter est un homme de caractère, obstiné, parfois difficile, mais doté d’une connaissance intime de la Vallée des Rois.

Jusqu’en 1907, il est sans emploi fixe, vivant de ses compétences d’illustrateur et de guide. Pourtant, une certitude l’habite : la Vallée des Rois n’a pas encore livré tous ses secrets. Il est convaincu que la tombe de Toutankhamon, ce pharaon alors méconnu, se trouve quelque part, ensevelie sous des tonnes de débris. Cette obsession, d’autres l’ont jugée chimérique. Maspero, lui, reconnaît en Carter l’obstination et la compétence nécessaires à une grande découverte.

Aquarelle réalisée par l'archéologue Howard Carter représentant la célèbre fresque des "Oies de Meïdoum", une peinture naturaliste de l'Ancien Empire découverte en 1871 dans la tombe du prince Nefermaat à Meïdoum, conservée au Musée égyptien du Caire.
Aquarelle d’Howard Carter reproduisant la célèbre fresque des « Oies de Meïdoum », découverte en 1871 dans la tombe de Nefermaat à Meïdoum. Cette œuvre naturaliste est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de l’art égyptien. Carter, formé comme illustrateur, réalisa de nombreuses copies à l’aquarelle qui témoignent de son talent artistique et de sa connaissance intime de l’Égypte ancienne

C’est ainsi que Maspero recommande Carter à Lord Carnarvon. La rencontre, qui a lieu fin 1907 au Louxor Hotel, est décisive. Les deux hommes se jaugent, se découvrent. Carnarvon est séduit par la détermination de Carter, son savoir-faire et sa connaissance inégalée du terrain. Carter trouve en Carnarvon un mécène fortuné, patient et passionné. L’alliance est scellée.

Une lettre décisive : les archives Maspero révèlent les coulisses de l’expédition

Les archives de Gaston Maspero, conservées à la bibliothèque de l’Institut de France, nous ont légué un document exceptionnel. Une lettre de Lord Carnarvon, datée du 14 octobre 1907, adressée au célèbre égyptologue, révèle les coulisses des négociations :

« Vous aviez été assez aimable de me dire que vous pourriez me trouver un monsieur sachant l’Égyptologie pour surveiller mes travaux. Est-ce que vous avez pensé à quelqu’un ? Je laisserai la question des honoraires entre vos mains mais je crois que je préférerai un compatriote. »

Cette lettre est un témoignage précieux. Elle montre la dépendance de Carnarvon à l’égard du réseau de Maspero, qui était alors le véritable « faiseur de rois » de l’égyptologie. Elle révèle également la préférence de l’aristocrate pour un archéologue britannique, ce qui n’est pas anodin dans le contexte diplomatique de l’époque.

Portrait du célèbre égyptologue français Gaston Maspero (1846-1916), vêtu d'un costume sombre, la barbe et les moustaches fournies, regardant vers l'objectif. Il fut le directeur du Service des Antiquités égyptiennes, le professeur de Howard Carter et le mentor qui recommanda Carter à Lord Carnarvon, scellant ainsi le destin de l'archéologie moderne. Conservateur, il succéda à Auguste Mariette à la tête du Service des Antiquités d'Égypte et joua un rôle déterminant dans l'histoire de l'égyptologie
Gaston Maspero (1846-1916), égyptologue français, successeur de Mariette à la tête du Service des Antiquités d’Égypte. Professeur au Collège de France à 28 ans, il fut le mentor de Howard Carter et celui qui recommanda l’archéologue britannique à Lord Carnarvon en 1907.
Crédit : wiki Commons

Quelques jours plus tard, Maspero répond favorablement, jetant les bases d’une collaboration qui allait durer quinze ans et aboutir à la découverte du siècle.

Une fois l’alliance scellée, le duo Carnarvon-Carter s’installe durablement à Louxor. Leur quartier général : le Winter Palace Hotel, un palace luxueux qui devient le centre névralgique de leurs opérations archéologiques. C’est là que se préparent les campagnes de fouilles, que s’organisent les expéditions et que s’écrivent les premières pages de l’une des plus grandes aventures de l’archéologie moderne.

Si la Vallée des Rois fut le théâtre de la découverte du siècle, un lieu emblématique de Louxor en fut le quartier général : le Winter Palace Hotel. Ce palace, ouvert en 1907, devint rapidement le centre névralgique des opérations archéologiques menées par Howard Carter et Lord Carnarvon. C’est depuis son hall majestueux que Carter communiquait avec la presse du monde entier, que se décidaient les campagnes de fouilles, et que se tissaient les liens entre archéologues, autorités égyptiennes et visiteurs illustres.

Photographie en noir et blanc de Harry Burton montrant Lord Carnarvon conversant avec des notables égyptiens sur la terrasse du Winter Palace Hotel à Louxor en 1922. De gauche à droite : Abd El Aziz Yahieh Bey, gouverneur de Kena ; Lord Carnarvon (1866-1923) ; Mohamed Fahmy Bey, Momour Markay de Louxor ; et Sheikh Ahmed Shaker, juge de Louxor. Tous sont en tenue occidentale ou traditionnelle, coiffés de tarbouches.
Lord Carnarvon s’entretenant avec des notables égyptiens sur la terrasse du Winter Palace Hotel à Louxor en 1922. Photographie de Harry Burton. De gauche à droite : Abd El Aziz Yahieh Bey, gouverneur de Kena ; Lord Carnarvon ; Mohamed Fahmy Bey ; et Sheikh Ahmed Shaker, juge de Louxor.
Source: BnF

Découvrez comment cet hôtel légendaire, toujours en activité aujourd’hui, fut le témoin privilégié de l’une des plus grandes aventures de l’archéologie moderne, et comment il reste un passage obligé pour les passionnés d’histoire égyptienne.

Un palace au cœur de l’aventure archéologique

Dès son ouverture en 1907, le Winter Palace Hotel s’impose comme l’établissement le plus prestigieux de Louxor. Installé sur la rive est du Nil, face à la Vallée des Rois, il offre à ses hôtes un cadre luxueux, des jardins exotiques et une vue imprenable sur le Nil et la montagne thébaine. C’est dans ce palace qu’élite britannique, aristocrates européens et têtes couronnées viennent séjourner, attirés par le climat clément et les merveilles de l’Égypte ancienne.

Photographie ancienne en noir et blanc de la terrasse du Winter Palace Hotel à Louxor, avec des touristes fortunés attablés pour le thé, surplombant le Nil et la rive ouest où se profile la Vallée des Rois, dans les années 1920.
Des touristes fortunés prenant le thé sur la terrasse du Winter Palace Hotel à Louxor, dans les années 1920. Face au Nil et à la Vallée des Rois, ce lieu fut l’un des centres de la vie mondaine de la communauté archéologique internationale. C’est de cette terrasse que Howard Carter annonça en 1922 la découverte du tombeau de Toutankhamon

Lord Carnarvon, riche mécène de l’expédition, y prend ses quartiers dès son arrivée. Howard Carter, bien que possédant sa propre maison de fouille sur la rive ouest, devient un visiteur assidu du palace. C’est dans le hall de l’hôtel que l’archéologue britannique choisit d’installer son « poste de commandement » : un grand panneau d’affichage où il communique quotidiennement l’avancée des travaux.

Ce tableau d’affichage, unique point d’accès à des informations officielles, devient rapidement une attraction en soi. Journalistes, chercheurs et curieux se pressent autour, guettant le moindre bulletin. Les salons de l’hôtel résonnent des conversations animées sur la découverte, des négociations avec les autorités égyptiennes et des stratégies à venir.

Le Winter Palace est également le théâtre des rencontres informelles qui jalonnent l’expédition. Carter y croise des égyptologues de renom, des diplomates, des écrivains et des journalistes du monde entier. L’hôtel devient un microcosme où se croisent l’archéologie, la politique et la société mondaine de l’époque.

Photographie ancienne en noir et blanc de l'archéologue Howard Carter et du photographe Harry Burton posant sur la terrasse du Winter Palace Hotel à Louxor, surplombant le Nil, peu après la découverte de la tombe de Toutankhamon
Cette photographie d’époque montre Howard Carter, l’archéologue britannique découvreur du tombeau de Toutankhamon, accompagné de Harry Burton, le photographe officiel de l’expédition, sur la terrasse du Winter Palace Hotel à Louxor.

Le Winter Palace, une visite incontournable pour les passionnés d’histoire égyptienne

Aujourd’hui encore, le Winter Palace conserve l’aura de ces années glorieuses. Ses murs ont gardé la mémoire de cette effervescence unique, et les visiteurs peuvent encore s’imaginer Carter et Carnarvon discutant des dernières découvertes dans le hall où les passions archéologiques se mêlaient au froufrou des robes et au cliquetis des verres de thé.

Notez que la Palace est actuellement en cours de restauration et sera fermé au public jusque mars 2027.

Pour en savoir plus sur l’histoire du Winter Palace Hotel et ses liens avec l’égyptologie, consultez notre article dédié.

Sur la rive ouest du Nil, à quelques pas de l’entrée de la Vallée des Rois, se dresse une modeste demeure : la maison de fouille d’Howard Carter. Si le Winter Palace était le quartier général mondain de l’expédition, cette maison était le véritable sanctuaire de l’archéologue, son refuge, son atelier et son laboratoire.

C’est ici que Carter se retirait après de longues journées de travail dans la tombe. Il y organisait ses notes, dessinait les objets découverts, planifiait les étapes suivantes des fouilles. La maison, simple et fonctionnelle, contrastait avec le luxe du Winter Palace. Mais elle était le lieu de l’intimité de l’archéologue, l’espace où il échafaudait ses stratégies, où il tentait de percer les mystères du tombeau.

Restaurée et transformée en musée, la maison de fouille de Carter est aujourd’hui ouverte au public. Elle offre aux visiteurs une plongée fascinante dans le quotidien de l’archéologue britannique. On y découvre des photographies d’époque, des outils, des reproductions d’objets, et une reconstitution de l’atmosphère de travail de Carter.

Pour les passionnés d’égyptologie et les curieux qui arpentent la Vallée des Rois, cette maison où Howard Carter séjournait et travaillait, est une halte incontournable. Elle rappelle que la découverte du tombeau de Toutankhamon fut aussi une aventure humaine, faite de patience, d’obstination et de travail acharné. Découvrez nos excursions à Louxor pour explorer ces lieux chargés d’histoire. »

Le Winter Palace et la maison de fouille d’Howard Carter furent les deux pôles de l’expédition de Howard Carter. Mais entre les salons cossus du palace et les camps de fouille, se déroulèrent des années de recherches infructueuses, de tensions et d’obstination. C’est cette longue quête, marquée par l’obsession de Carter pour la tombe de Toutankhamon, que nous allons maintenant explorer.

L’alliance entre Lord Carnarvon et Howard Carter, scellée en 1907, allait durer près de quinze ans avant de porter ses fruits. Quinze années de fouilles, de déceptions, de tensions et d’obstination. Car si Carter était convaincu que la tombe de Toutankhamon se trouvait quelque part dans la Vallée des Rois, les preuves se faisaient cruellement attendre.

Les campagnes de fouilles s’enchaînent, les permis se renouvellent, les découvertes se font rares. Carnarvon, qui finance généreusement l’expédition, commence à s’impatienter. Les frais s’accumulent, les résultats peinent à convaincre. Pourtant, Carter ne renonce pas. Son intuition, qu’il partage avec son mécène, est plus forte que les échecs. Il est persuadé que le tombeau du jeune pharaon existe et qu’il est inviolé, caché sous des tonnes de débris.

Retour sur ces années d’acharnement, qui faillirent tout faire échouer, mais qui finirent par payer en novembre 1922.

Cheick-Abd-el-Gournah, un premier site décevant

Les premières fouilles du duo Carnarvon-Carter débutent en 1906 sur le site de Cheick-Abd-el-Gournah, une nécropole située sur la rive ouest de Louxor, non loin de la Vallée des Rois. Le site, connu pour ses tombes de la XVIIIe dynastie, promet des découvertes intéressantes. Carnarvon, qui a obtenu un premier permis de fouilles, espère des résultats rapides.

Vue panoramique de la colline de Cheikh Abd el-Gournah sur la rive ouest de Louxor, montrant le flanc sud de la nécropole où se trouve la tombe de Sennefer (TT96), dite "la tombe aux vignes", creusée dans la roche calcaire.
Vue générale du flanc sud de la colline de Cheikh Abd el-Gournah, la nécropole privée principale de l’ancienne Thèbes, située sur la rive ouest du Nil à Louxor.

Mais les mois passent, et les trouvailles se font rares. Quelques objets, des fragments de poteries, des inscriptions, mais rien de spectaculaire. Carter, méthodique et exigeant, poursuit ses recherches avec rigueur, mais le site ne livre pas ses secrets. Les années s’écoulent, et l’impatience de Carnarvon grandit.

Ce premier site, bien que décevant sur le plan des découvertes, permet à Carter de perfectionner ses méthodes de fouilles. Il apprend à connaître le terrain, à déchiffrer les indices laissés par les anciens Égyptiens, à anticiper les emplacements potentiels de tombes inviolées. Mais pour Carnarvon, ces années semblent être un gouffre financier sans retour.

La concession de la Vallée des Rois, un tournant décisif

En 1914, un événement majeur change la donne : Lord Carnarvon obtient enfin une concession de fouilles pour la Vallée des Rois. Cette nécropole, qui abrite les tombes des pharaons du Nouvel Empire, est le Graal des archéologues.

Theodore Davis, l’archéologue américain qui avait détenu la concession de la Vallée des Rois avant Carnarvon, avait lui-même fouillé plusieurs tombes, y compris celle de la reine Tiyi. Mais il était convaincu que la vallée avait livré tous ses secrets. Carnarvon et Carter qui connait chaque recoin du site, pensaient le contraire. Carter est convaincu de trouver la tombe de Toutankhamon.

Vallée des Rois, vue des hauteurs.

Les travaux débutent avec enthousiasme. Carter explore des zones jusqu’alors négligées, fouille des secteurs déjà visités par ses prédécesseurs. Il est persuadé que la tombe de Toutankhamon a été oubliée par les pilleurs, dissimulée par des années de débris.

Mais la Première Guerre mondiale éclate en 1914, interrompant les fouilles. Les travaux ne reprennent qu’en 1917. Les années qui suivent sont marquées par des campagnes de fouilles intensives, mais les résultats restent décevants. Carnarvon, qui a investi des sommes considérables, commence à douter. Peut-être que Carter s’est fourvoyé. Peut-être que la tombe de Toutankhamon n’existe pas.

Pourtant, Carter ne renonce pas. Il est convaincu que le tombeau se trouve quelque part. Cette intuition, que d’autres jugent chimérique, le guide dans ses recherches.

L’ultime campagne : quand Carnarvon faillit tout arrêter

En 1922, la situation est critique. Carnarvon, excédé par des années de fouilles infructueuses et des dépenses considérables, décide d’arrêter son financement. Il envoie un ultimatum à Carter : une dernière campagne, une seule, après quoi il n’y aura plus d’argent.

Carter est désespéré. Il sait qu’il n’aura peut-être jamais d’autre opportunité. Il supplie Carnarvon de lui accorder une ultime tentative, insistant sur son intuition que le tombeau se trouve dans la zone des cabanes de Ramsès VI. Carnarvon, à contrecœur, accepte.

Cette ultime campagne, menée dans des conditions difficiles sous un soleil de plomb, est marquée par la tension. Carter et son équipe déplacent des tonnes de débris, fouillant méthodiquement chaque centimètre carré. Les jours passent, et rien ne se passe.

Carter commence à douter. Peut-être s’est-il fourvoyé. Peut-être que Carnarvon avait raison de vouloir arrêter. Mais il continue, poussé par cette intuition qui ne l’a jamais quitté. Il sait que la tombe est là, quelque part, sous ses pieds. Il lui faut juste un signe, un indice.

Et ce signe, il allait arriver. D’une manière que personne n’avait anticipée. Un jeune porteur d’eau, une simple marche dégagée dans le sable, et tout allait basculer. Le 4 novembre 1922, la Vallée des Rois s’apprêtait à livrer son plus grand secret.

Après des années de fouilles infructueuses, d’obstination et de doutes, Howard Carter s’apprête à vivre le moment qui allait changer sa vie et bouleverser l’histoire de l’égyptologie. Ce 4 novembre 1922, dans la Vallée des Rois, la chance sourit enfin à l’archéologue britannique.

Ce qui n’était qu’un ultime espoir, une dernière campagne menée contre la volonté d’un mécène las et impatient, allait se muer en l’une des plus grandes découvertes archéologiques de tous les temps. Un jeune porteur d’eau, une marche dégagée dans le sable, et soudain, l’escalier de seize marches s’enfonçant à quatre mètres sous terre. La porte scellée, dont les empreintes de sceaux sont encore intactes, est là. Le tombeau de Toutankhamon, inviolé depuis plus de trois millénaires, vient de livrer son secret.

Un jeune porteur d’eau et une marche dans le sable

Le 4 novembre 1922, rien ne distingue ce jour des autres dans la Vallée des Rois. La chaleur est accablante, le soleil implacable. Howard Carter et son équipe poursuivent leurs travaux dans la zone des cabanes des ouvriers de la tombe de Ramsès VI, une tâche ardue qui consiste à déplacer des tonnes de débris accumulés au fil des siècles.

C’est alors qu’un jeune porteur d’eau, un garçon égyptien nommé Hussein Abdel-Rassul, creuse dans le sol pour installer un récipient. Sa pelle heurte quelque chose de dur. Il dégage le sable et découvre ce qui semble être une marche. Intrigué, il appelle ses camarades. L’un d’eux, remarquant l’importance de la trouvaille, avertit immédiatement Carter.

Photographie en noir et blanc de Harry Burton représentant un jeune garçon égyptien, Hussein Abdel Rassul, portant un collier pectoral en or et lapis-lazuli provenant du tombeau de Toutankhamon, Vallée des Rois à Louxor, vers 1923.
Cette photographie emblématique, prise par Harry Burton vers 1926, montre un jeune garçon égyptien portant un lourd pectoral en or et lapis-lazuli découvert dans le tombeau de Toutankhamon. L’identité de l’enfant a fait l’objet de nombreuses spéculations : plusieurs familles de Gurna ont revendiqué ce rôle, notamment Hussein Abdel Rassul, qui affirmait être le « water boy » ayant découvert les marches du tombeau en 1922.
Crédit : Harry Burton / The Griffith Institute, University of Oxford

L’archéologue accourt, le cœur battant. Il ordonne à son équipe de creuser avec précaution. L’escalier se dégage progressivement : seize marches s’enfonçant à quatre mètres sous terre, conduisant à une porte scellée.

Carter examine la porte avec une émotion qu’il peine à contenir. Les sceaux sont encore visibles, intactes. Le tombeau n’a pas été violé. Après des années de recherches, d’échecs, de doutes, il tient enfin sa récompense. La tombe de Toutankhamon existe et elle est inviolée.

Il fait immédiatement reboucher l’entrée, pour protéger le site et préserver l’intégrité de la découverte. La nouvelle sera annoncée à son mécène, Lord Carnarvon, qui se trouve alors à Highclere Castle, en Angleterre.

Pour en savoir plus sur Toutankhamon, son règne, sa tombe, consultez notre article dédié :

Toutânkhamon – Série «Pharaons célèbres» n°1

Qui était vraiment Toutânkhamon? Pourquoi est-il si célèbre? Guide complet pour visiter sa tombe à Louxor et son trésor au Grand Musée Égyptien (GEM). Conseils pratiques, anecdotes, et astuces pour éviter la foule.

Le télégramme qui fit traverser la Méditerranée à Carnarvon

Dans son domaine de Highclere Castle, Lord Carnarvon attend des nouvelles. Les dernières campagnes de fouilles ont été décevantes, et il a perdu espoir. Mais le 6 novembre 1922, un télégramme arrive. Il est signé de Howard Carter.

Le message est laconique mais bouleversant :

« Avons enfin fait une découverte extraordinaire dans la vallée. Une tombe somptueuse dont les sceaux sont intacts. L’avons refermée jusqu’à votre arrivée. Félicitations. »

Carnarvon, lisant ces mots, est électrisé. Il sait que ces quelques lignes changent tout. Il prend immédiatement ses dispositions pour rejoindre l’Égypte. Le voyage, qui dure plusieurs jours, est une épreuve d’impatience. Chaque heure lui semble interminable.

Photographie en noir et blanc de Lord Carnarvon, mécène de l'expédition archéologique, se dirigeant à la gare Victoria à Londres, prêt à embarquer pour l'Égypte après avoir appris la découverte du tombeau de Toutankhamon par Howard Carter en 1922.
Lord Carnarvon, l’aristocrate britannique qui finança les fouilles de Howard Carter, photographié à la gare Victoria à Londres en 1922. Il s’apprête à rejoindre l’Égypte après avoir reçu la nouvelle de la découverte du tombeau de Toutankhamon par son archéologue. Ce voyage devait être le dernier : il succomba quelques mois plus tard à une septicémie à l’hôtel Continental du Caire, le 5 avril 1923, donnant naissance à la légende de la malédiction du pharaon.

Pendant ce temps, à Louxor, Howard Carter attend l’arrivée de son mécène avec une fébrilité contenue. Il sait que le monde entier est sur le point d’apprendre la nouvelle. Il prépare soigneusement l’ouverture officielle, consignant dans ses carnets chaque détail de la découverte.

Le 23 novembre 1922, Carnarvon arrive enfin à Louxor. Il rejoint Carter sur le site. Ensemble, ils inspectent l’escalier et la porte scellée. Les empreintes de sceaux, bien visibles, confirment que le tombeau n’a pas été profané. L’excitation est à son comble.

Carter et lord Carnarvon dans la Vallée des rois
Carnarvon et Carter dans la vallée des Rois
Photo Burton
source BnF

« Yes, wonderful things ! » : l’ouverture officielle du tombeau

Le 26 novembre 1922, Carter et Carnarvon procèdent à l’ouverture officielle de la tombe. Devant eux, une porte scellée qui n’a pas été ouverte depuis plus de trois mille ans. Carter fait percer une petite brèche à travers laquelle il glisse une bougie.

Il plonge son regard dans l’obscurité. Dans ses carnets, il décrit l’instant avec une émotion intacte :

« D’abord, je ne vis rien : l’air chaud s’échappant de la chambre faisait danser la flamme de la bougie. Puis, à mesure que mes yeux s’accoutumaient à la faible luminosité, des formes se dessinèrent lentement dans l’obscurité de la pièce, d’étranges animaux, des statues et de l’or – partout le scintillement de l’or. »

La réponse qui reste dans l’histoire, celle que Carter adresse à la question de Carnarvon, est laconique et pourtant chargée d’émotion :

« Yes, wonderful things. » – « Oui, des merveilles. »

Dans l’antichambre, l’archéologue découvre un entassement impressionnant de lits funéraires aux têtes d’animaux, de chars démontés, de coffres richement décorés, de jarres en albâtre et d’objets précieux. Mais son regard est attiré par des statues noires de gardiens, flanquant un mur : sans doute une chambre funéraire inviolée et la promesse d’une momie royale.

Le Bulletin de la vie artistique, 1er janvier 1923 reprenant les déclarations de Carter sur la découverte de la tombe de Toutankhamon. source Bnf Gallica
Le Bulletin de la vie artistique, 1er janvier 1923 – source Bnf Gallica

La découverte dépasse tout ce que l’archéologie avait connu jusqu’alors. Il ne s’agit pas d’une simple tombe, mais d’un véritable trésor royal, préservé par les millénaires.

Photographie recolorisée de l'intérieur de l'antichambre du tombeau de Toutankhamon (KV62) dans la Vallée des Rois, montrant un entassement de trésors : à gauche, les roues et les châssis des chars funéraires démontés ; au fond, les lits funéraires aux têtes d'animaux (lion, vache, hippopotame) ; et au centre, le célèbre coffre orné de la chasse du pharaon, photographie de Harry Burton, 1922.
Cette photographie emblématique de Harry Burton, prise en 1922 et recolorisée, montre l’antichambre du tombeau de Toutankhamon (KV62) dans toute sa splendeur. L’image capture le désordre impressionnant des trésors entassés : à gauche, les roues et les châssis des chars funéraires démontés. Au fond, les célèbres lits funéraires aux têtes d’animaux.
Crédit : Harry Burton / The Griffith Institute, University of Oxford. Colorisation par Dynamichrome.

L’inventaire d’un trésor hors du commun : 5 398 objets

Le tombeau de Toutankhamon n’est pas seulement une découverte archéologique : c’est une capsule temporelle qui livre un témoignage inestimable sur la civilisation égyptienne. Il a fallu plus de dix ans pour dégager, dessiner, inventorier et préserver les 5 398 objets qui s’y trouvaient.

Photographie d'époque en noir et blanc de l'archéologue Howard Carter supervisant le transport d'objets découverts dans le tombeau de Toutankhamon à Louxor, montrant des ouvriers égyptiens portant des corbeilles, des paniers et des caisses contenant des artefacts dont des pantoufles et des perles.
Cette photographie d’époque, conservée à la Bibliothèque nationale de France (Gallica), montre Howard Carter supervisant le transport d’objets découverts dans le tombeau de Toutankhamon (KV62). Sur l’image, des ouvriers égyptiens portent des corbeilles et des caisses contenant des artefacts précieux, parmi lesquels des pantoufles et des perles. Le transport et la conservation des milliers d’objets mis au jour dans le tombeau furent un défi logistique et scientifique de première grandeur.
Crédit : Bibliothèque nationale de France – Gallica

Parmi ces trésors, on compte :

  • Le masque funéraire en or de Toutankhamon, devenu l’icône de l’Égypte ancienne.
  • Le sarcophage en or massif, pesant plus de 110 kilos.
  • Des chars en bois décorés d’or, de cuir et d’incrustations.
  • Des lits funéraires aux têtes d’animaux (lion, hippopotame, vache).
  • Des coffres contenant des vêtements, des bijoux et des objets de toilette.
  • Des armes et des instruments de musique.
  • Des jarres en albâtre, en faïence et en verre.

Chaque objet est une œuvre d’art, un témoignage du savoir-faire des artisans de la XVIIIe dynastie. L’équipe de Carter, aidée par des conservateurs du Metropolitan Museum of Art de New York, travaille sans relâche. Les photographies de Harry Burton, le photographe officiel de l’expédition, documentent chaque étape avec une précision remarquable.

La tombe voisine de Ramsès VI, devenue trop petite pour accueillir tous les objets, sert de lieu de stockage. Par une ironie du sort, ce sont les ouvriers qui ont creusé la tombe de Ramsès VI qui, des siècles auparavant, ont recouvert par mégarde l’entrée de KV62, la protégeant ainsi des pilleurs pendant plus de trois millénaires.

Un contexte politique tendu : l’Égypte nationaliste face aux archéologues étrangers

La découverte de la tombe de Toutankhamon ne se déroule pas dans un vide politique. L’Égypte, qui vient tout juste d’obtenir son indépendance du protectorat britannique (février 1922), est en plein renouveau nationaliste. La figure de Toutankhamon devient un symbole de l’identité égyptienne, un pharaon qui incarne la grandeur passée et la fierté retrouvée.

Pierre Lacau, le directeur du Service des Antiquités égyptiennes, est un Français intransigeant. Dès octobre 1922, il milite pour une nouvelle réglementation exigeant que toutes les découvertes archéologiques soient conservées en Égypte. Les tensions entre Lacau et Carter sont récurrentes : ils ne s’accordent sur rien, que ce soit la méthodologie des fouilles, l’accès au tombeau, ou la communication envers la presse.

Photographie en noir et blanc de Harry Burton montrant le directeur du Service des Antiquités égyptiennes, Pierre Lacau, aux côtés de Howard Carter, du médecin légiste Douglas Derry et d'un groupe de médecins et d'officiels égyptiens, procédant à une inspection officielle devant l'entrée du tombeau de Toutankhamon dans la Vallée des Rois à Louxor, en 1922.
Le directeur du Service des Antiquités, Pierre Lacau (au centre), inspectant officiellement la tombe de Toutankhamon le 30 novembre 1922 . Photographie de Harry Burton montrant Lacau aux côtés du médecin légiste Douglas Derry et de notables égyptiens . Cette visite, quelques jours après l’ouverture du tombeau, fut marquée par les tensions entre Lacau, défenseur du patrimoine égyptien, et Carter, qui espérait partager les trésors avec ses mécènes .
Crédit : Harry Burton / The Metropolitan Museum of Art, Archives of the Egyptian Expedition, Department of Egyptian Art

Les archéologues étrangers, et en particulier les Britanniques, sont perçus avec méfiance. Les Égyptiens revendiquent avec force ce patrimoine, estimant qu’il doit rester sur le sol national. Il devient hors de question de laisser les objets du tombeau partir pour Londres ou New York.

Le conflit atteindra son paroxysme en 1924, lorsqu’une suspension complète des fouilles sera ordonnée. Carter, exaspéré, quittera même l’Égypte pendant plusieurs mois. La tombe de Toutankhamon, au-delà de son intérêt archéologique, est devenue le théâtre d’une bataille diplomatique entre l’Égypte, la France et la Grande-Bretagne.

Article de la revue "Correspondance d'Orient : revue économique, politique & littéraire" daté de mars 1924, évoquant l'interdiction d'accès au tombeau de Toutankhamon faite à Howard Carter et la fermeture de la tombe par ce dernier en février 1924.
Cette coupure de la revue « Correspondance d’Orient » de mars 1924 relate un épisode tendu des fouilles de Toutankhamon. En février 1924, le directeur du Service des Antiquités, Pierre Lacau, agissant sous l’autorité du gouvernement égyptien, interdit l’accès du tombeau à l’équipe de Howard Carter pour affirmer le contrôle égyptien sur le site . En réaction, Carter refuse de remettre les clés et clôt la tombe, déclenchant un conflit diplomatique qui suspend les fouilles pendant près d’un an.

L’Égypte obtient son indépendance en 1936, mais ce n’est qu’en 1953 qu’un Égyptien est nommé à la tête du Service des Antiquités, marquant une réelle prise de contrôle du patrimoine national.

La découverte des sarcophages de Toutankhamon et la momie, toujours dans la Vallée des Rois

Lorsque Howard Carter finit par pénètrer dans la chambre funéraire de Toutankhamon, il découvre un spectacle d’une ampleur inouïe. Au centre de la pièce trône un immense naos en bois doré, une chapelle funéraire de plus de cinq mètres de long, ornée de motifs religieux et de symboles protecteurs. À l’intérieur, trois autres chapelles imbriquées les unes dans les autres, comme des poupées russes, protègent le sarcophage du jeune pharaon .

Gros plan en noir et blanc du grand naos (chapelle funéraire) en bois doré de Toutankhamon, montrant ses portes scellées encore fermées avec la corde et le sceau d'argile intacts, dans la chambre funéraire de la tombe KV62 à Louxor, photographie de Harry Burton, 1923.
Ce gros plan réalisé par Harry Burton, probablement en janvier 1924, capture l’un des moments les plus émouvants de l’expédition : l’image des grandes portes scellées du premier naos (chapelle funéraire) de Toutankhamon, encore inviolées après plus de trois millénaires. La corde et le sceau d’argile, intacts, portent encore l’empreinte de la nécropole thébaine, témoignant de l’intégrité de la sépulture royale. Cette photographie a été prise depuis l’ouverture partielle des portes, après les efforts de Carter pour les dégager. Crédit : Harry Burton / The Griffith Institute, University of Oxford

Ce n’est qu’en février 1924 que Carter parvient à ouvrir la dernière chapelle et à révéler le sarcophage en quartzite rouge qui contient les trois cercueils royaux, emboîtés eux aussi . Le plus extérieur, en bois doré, mesure près de deux mètres cinquante. Le second, en bois recouvert de feuilles d’or, est orné d’incrustations de verre coloré. Le troisième, le plus précieux, est en or massif, pesant plus de 110 kilos . À l’intérieur, le masque funéraire, véritable chef-d’œuvre de l’art égyptien, couvre le visage de la momie.

Carter et son équipe mettent plusieurs semaines pour dégager et ouvrir ces cercueils successifs, consignant chaque étape avec une précision inégalée. Les photographies de Harry Burton témoignent de l’émotion qui saisit l’archéologue lorsqu’il contemple enfin la dépouille du pharaon, intacte après plus de trois millénaires.

Mais si les trésors et les cercueils extérieurs ont quitté la Vallée des Rois pour les musées du Caire, la momie de Toutankhamon, elle, n’a jamais quitté Louxor. Elle repose toujours dans la chambre funéraire de la tombe KV62, au cœur de la Vallée des Rois. Les visiteurs peuvent encore aujourd’hui l’apercevoir, protégée par une vitre, au sein même de l’hypogée où elle fut découverte.

Cette présence immobile du pharaon dans sa tombe, à l’endroit même où Carter l’a trouvée, ajoute une dimension émotionnelle et spirituelle à la visite. C’est un face-à-face unique avec l’histoire, un privilège rare dans une nécropole où la plupart des souverains ont été déplacés.

Pour en savoir plus sur la Vallée des Rois et ses trésors, consultez notre article dédié à la nécropole thébaine:

En revanche, les précieux sarcophages en bois doré et en or massif, ainsi que les chapelles funéraires qui les entouraient, ont rejoint le Caire. Après avoir été exposés pendant des décennies au Musée Égyptien de la place Tahrir, ils ont récemment trouvé leur écrin définitif au sein du Grand Egyptian Museum (GEM), inauguré en novembre 2025. C’est désormais là que les visiteurs peuvent admirer ces chefs-d’œuvre de l’art funéraire égyptien dans un cadre spectaculaire, à l’ombre des pyramides de Gizeh.

Les trésors de Toutankhamon ont été exposés pendant des décennies au Musée Égyptien du Caire, sur la place Tahrir, attirant des millions de visiteurs. Mais une page historique s’est tournée avec l’inauguration du Grand Egyptian Museum (GEM).

Ce joyau architectural, situé à proximité des pyramides de Gizeh, accueille désormais l’intégralité de la collection du pharaon dans un écrin moderne et spectaculaire.

Le GEM, avec ses salles immenses, ses vitrines ultramodernes et ses dispositifs immersifs, offre une expérience inédite aux visiteurs. Pour la première fois, les 5 398 objets de Toutankhamon seront présentés dans leur intégralité, dans un cadre digne de leur importance historique.

Le trésor de Toutânkhamon , qui a continué de fasciner le public à travers des expositions itinérantes au succès planétaire, trouve ainsi sa demeure permanente et définitive, au cœur du Grand Musée Egyptien, à l’ombre des pyramides de Gizeh.

La découverte du tombeau de Toutankhamon ne fut pas seulement un événement archéologique. Elle fut un phénomène planétaire qui transforma Louxor en épicentre d’une effervescence sans précédent. Dès l’annonce officielle, des journalistes du monde entier, des têtes couronnées, des aristocrates et des touristes en quête de sensations se précipitèrent vers la petite ville de Haute-Égypte.

Ce qui devait être une campagne de fouilles méthodique se transforma en une véritable frénésie médiatique. Chaque objet extrait du tombeau faisait la une des journaux. Chaque rumeur était reprise, amplifiée, déformée. Louxor, jusqu’alors paisible cité au bord du Nil, devint le théâtre d’un barnum international où l’archéologie le disputait au sensationnalisme, et où la quête de vérité se heurtait à la soif de spectacle.

Plongée au cœur de cette effervescence unique, où le Winter Palace Hotel devint le QG d’une foule avide de mystère et de trésors.

Le Winter Palace, QG de l’effervescence internationale

Dès l’annonce de la découverte, le Winter Palace Hotel de Louxor devint le centre névralgique de cette ruée mondiale. L’établissement, déjà prestigieux, se retrouva submergé par une vague de visiteurs illustres : journalistes, écrivains, diplomates, aristocrates et têtes couronnées.

Photographie en noir et blanc de la reine Élisabeth de Belgique, vêtue d'une robe claire et coiffée d'un chapeau, descendant les escaliers du Winter Palace Hotel à Louxor en Égypte, en février 1923, accompagnée  de l'égyptologue belge Jean Capart, avant leur visite officielle du tombeau de Toutankhamon.
Cette photographie d’archive, prise le 18 février 1923, capture la reine Élisabeth de Belgique (1876-1965) descendant les marches du Winter Palace Hotel à Louxor, accompagnée de l’égyptologue belge Jean Capart. Passionnée d’égyptologie, la souveraine entreprend un long voyage depuis Bruxelles pour assister à l’ouverture officielle de la chambre funéraire de Toutankhamon.
Crédit : Archives du Palais royal de Belgique.

C’est depuis le hall de l’hôtel que Howard Carter choisit de communiquer sur l’avancée des travaux. Il installa un grand panneau d’affichage où il affichait quotidiennement des bulletins de fouille. Ce tableau, unique point d’accès à des informations officielles, devint instantanément une attraction à part entière, attirant une foule compacte de reporters et de curieux avides du moindre détail.

Les salons de l’hôtel résonnaient des conversations animées sur la découverte, des négociations avec les autorités égyptiennes, et des stratégies à venir. Le Winter Palace était devenu bien plus qu’un hôtel : c’était le quartier général de l’aventure archéologique du siècle, le lieu où se croisaient l’histoire, la politique et la mondanité.

Aujourd’hui encore, le Winter Palace conserve l’aura de ces années glorieuses. Ses murs ont gardé la mémoire de cette effervescence unique, et les visiteurs peuvent encore s’imaginer Carter discutant des dernières découvertes dans le hall où les passions archéologiques se mêlaient au froufrou des robes et au cliquetis des verres de thé.

Un barnum médiatique qui exaspère Carter

Mais cet engouement se transforma bien vite en un véritable barnum médiatique. L’afflux constant de visiteurs, les sollicitations permanentes et le brouhaha continus finirent par entraver sérieusement le travail des archéologues sur le terrain.

la Reine Elizabeth de Belgique visite le tombeau de Toutankhamon en 1923

Howard Carter, exaspéré par ces perturbations, se retrouva pris en étau entre les exigences de la presse et les impératifs scientifiques. Il dut faire face à des demandes d’interviews incessantes, des tentatives d’intrusion sur le site, et des rumeurs qui se répandaient plus vite que les informations officielles.

Coupures de presse sur la découverte du tombeau de Toutankhamon
illustration de la découverte dans  » Le pèlerin » de Janvier 1923.
source : Leemage – AFP

Les journalistes, frustrés par le manque d’accès, n’hésitaient pas à inventer des histoires pour alimenter leurs articles. La légende de la malédiction, née de la mort de Carnarvon et du canari de Carter, fut en grande partie le produit de cette fièvre médiatique. Les correspondants de presse, en mal de scoops, transformaient chaque incident en preuve d’un phénomène surnaturel.

ouverture de la tombe de Toutankhamon : séance de presse 1922
ouverture de la tombe : séance presse
photo agence Meurisse source ; BnF

Carter, homme de terrain et d’action, supportait mal cette agitation. Il souhaitait se concentrer sur l’inventaire et la préservation des trésors, mais la pression médiatique ne faiblissait pas. La découverte, qu’il avait voulue scientifique, devenait un spectacle mondain dont il peinait à contrôler les contours.

La découverte vue par un témoin : l’expérience de René de la Bruyère

Parmi les nombreux visiteurs qui se pressèrent à Louxor en 1923, l’un d’eux, René de la Bruyère, a laissé un témoignage précieux sur l’atmosphère qui régnait alors. Journaliste et écrivain français, il s’était rendu en Égypte pour tenter d’obtenir l’autorisation de visiter le tombeau.

Il raconte, dans un article publié dans la Revue des deux mondes en mars 1923, son expérience avec une ironie élégante :

« Un journal a raconté qu’une sociétaire de la Comédie-Française serait allée en somptueux équipage traîné par de nombreux chevaux, précédée par des coureurs antiques, rendre visite à Tout-Ank-Amon. J’inclinerais à croire que la grande artiste a dû prendre tout simplement une de ces victorias attelées de mules. »

Sur place, il constate l’ampleur des difficultés d’accès :

« La route est longue et difficile, jusqu’aux nécropoles de Biban-el-Moulouk. Tout me porte à croire que ce sont les fatigues de ce voyage quotidien, plutôt que les maléfices des prêtres d’Osiris, qui ont été funestes à lord Carnarvon. »

Il se heurte aux refus des autorités :

« Je m’approche poliment de l’assistant de M. Carter, et lui demande l’autorisation de descendre. Il la refuse d’un ton qui n’admet aucune réplique. La visite des journalistes ayant eu lieu deux jours avant mon arrivée, il me faudrait attendre treize jours la prochaine ‘descente au tombeau.’ »

Puis, finalement, grâce à l’intervention des autorités françaises, il obtient une dérogation :

« Deux jours après, je me retrouvais à Louqsor où je vis M. Carter. Celui-ci m’accueillit avec courtoisie. Il fut convenu que je me présenterais le lendemain à dix heures à l’hypogée. Je n’eus garde de manquer au rendez-vous. Je descendis les degrés qui conduisent au vestibule devant une haie d’envieux, dont certains avaient traversé la moitié du monde pour échouer devant une grille infranchissable. »

Ce témoignage, savoureux et lucide, illustre parfaitement la frustration des journalistes et des curieux face aux restrictions imposées par l’équipe de Carter. Il montre aussi le fossé entre l’effervescence médiatique et la réalité des fouilles archéologiques.

Un phénomène « marketing »: les sarcasmes du journal « La Vie algérienne« 

La découverte de Toutankhamon ne fut pas seulement un événement archéologique. Elle devint, pour les observateurs les plus critiques, un phénomène de marketing avant l’heure. C’est ce que dénonce un article de La Vie algérienne, tunisienne et marocaine, publié en octobre 1924, dans un ton sarcastique qui analyse avec lucidité les mécanismes de l’engouement médiatique.

Le journaliste, qui signe l’article, évoque une « réclame adroite savamment dosée » :

« Aussitôt s’organisait, à l’insu du Public gobeur et moutonnier, une réclame adroite savamment dosée. Chaque matin les journaux anglais publiaient, en manchette, la découverte sensationnelle (une par jour) : coffre, canne, tabouret, mannequin, gant même, avec, dans le texte explicatif, un luxe de descriptions, de poésie, d’évocations, incitant les moins curieux des ‘buss-ness-men’ à aller dans la Vallée des Rois (…)

(…) Et le Public, poisson aux yeux aveugles, mordit en plein à l’appât lancé, bien lancé à la façon d’un roman de Pierre Benoist.
De tous les coins d’Angleterre et du monde (savant à peine, snob surtout) en avalanches déferlèrent vers les chemins de fer et les bateaux « 

Il décrit avec ironie les foules de touristes qui se pressent à Louxor, laissant entendre que la découverte est aussi une stratégie commerciale :

« Les touristes harassés de fatigue (la réaction se produisant) étaient heureux de laisser s’écouler des heures délicieuses dans les hôtels […] avoisinant la Vallée des Rois. Il n’y avait que l’embarras du choix : Winter Palace Hôtel, Hôtel Karnak, Grand Hôtel Tewfikieh, Savoy Hôtel. »

La conclusion est cinglante :

« Ah ! les Anglais sont d’habiles gens. »

Sous les sarcasmes, l’article révèle une vérité : la découverte du tombeau de Toutankhamon, au-delà de son importance scientifique, fut aussi un extraordinaire moteur touristique. La légende de la malédiction, le mystère des trésors, l’aura de la Vallée des Rois : tout contribua à faire de Louxor une destination incontournable, un passage obligé pour une bonne société en quête de sensations.

Cette effervescence médiatique, ce barnum international qui transforma Louxor en scène de spectacle, allait bientôt trouver un nouveau carburant, bien plus puissant encore que la fascination pour les trésors découverts. Le 5 avril 1923, la mort subite de Lord Carnarvon, mécène de l’expédition, allait enflammer l’imaginaire collectif et donner naissance à l’une des légendes les plus persistantes du XXe siècle : la malédiction des pharaons.

La presse, qui s’était déjà emparée de la découverte avec une gourmandise sans précédent, allait trouver dans ce drame un récit bien plus captivant que les bulletins de fouille de Carter. La malédiction de Toutankhamon, née de la plume des journalistes et des rumeurs colportées par les ouvriers, devint le sujet phare de l’actualité mondiale, reléguant la rigueur archéologique au second plan.

C’est à cette construction médiatique, à cette « fake news » avant l’heure, que nous allons nous intéresser. Un phénomène qui, comme nous le verrons, n’a pas fini de fasciner et d’intriguer, cent ans après les faits.

La mort de Lord Carnarvon, le 5 avril 1923, allait enflammer l’imaginaire collectif et donner naissance à l’une des légendes les plus persistantes du XXe siècle : la malédiction des pharaons. La presse, qui s’était déjà emparée de la découverte avec une gourmandise sans précédent, trouva dans ce drame un récit bien plus captivant que les bulletins de fouille de Carter. Une « fake news » avant l’heure, dont les ressorts sont toujours à l’œuvre aujourd’hui.

coupure de presse sur la malédiction de Toutankhamon
 

La rumeur enfla rapidement : le pharaon se vengeait de ceux qui avaient osé violer sa sépulture. Le canari de Carter dévoré par un cobra, la panne d’électricité au Caire le jour de la mort de Carnarvon, la chienne du défunt hurlant à la mort dans son château anglais, puis s’écroulant raide morte : chaque coïncidence était transformée en preuve d’un châtiment divin. Des écrivains comme Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes, fervent adepte du spiritisme, contribuèrent à populariser le mythe en affirmant que les prêtres égyptiens « avaient dû clore le cercueil du pharaon avec de puissantes formules magiques ». Agatha Christie s’inspira également de la légende naissante pour sa nouvelle « L’Aventure du tombeau égyptien », mettant en scène pour la première fois Hercule Poirot.

Pourtant, la réalité est bien plus prosaïque : Lord Carnarvon est mort d’une septicémie provoquée par une piqûre de moustique infectée. Les autres prétendues victimes ont succombé à des causes parfaitement naturelles : maladies professionnelles, accidents, ou simple espérance de vie de l’époque. L’égyptologue Marc Gabolde le résume avec lucidité : « On est dans une mortalité tristement normale en regard du nombre de visiteurs du tombeau. »

Mais la légende était née, et elle ne s’est jamais éteinte. L’emballement premier pour la découverte archéologique se pare d’une aura de mystère dont raffole ce début de siècle et Louxor devient LA destination par excellence d’une bonne société oisive en recherche de sensations.

Aujourd’hui encore, la malédiction des pharaons continue de fasciner, alimentée par les réseaux sociaux, les films et les documentaires. Cette incroyable longévité en fait un cas d’école des mécanismes de la désinformation : amplification, corrélation illusoire, appel à l’autorité, répétition du récit. Des ressorts que nous analysons en détail dans l’article dédié.

Pour comprendre comment ce mythe a été construit, manipulé et entretenu pendant plus d’un siècle, je vous invite à lire mon article complet: Toutankhamon et la malédiction des pharaons : autopsie d’une fake news

Ainsi se clôt notre plongée au cœur de la découverte du tombeau de Toutankhamon et du phénomène médiatique qu’elle engendra. De la rencontre entre Carter et Carnarvon en 1907 à la ruée vers Louxor en passant par la naissance de la légende de la malédiction, cette aventure archéologique reste l’une des plus fascinantes de l’histoire moderne.

La découverte du tombeau de Toutankhamon par Howard Carter, le 4 novembre 1922, reste l’un des moments les plus marquants de l’histoire de l’archéologie. Plus d’un siècle après cet événement, la fascination qu’il exerce sur le monde entier ne s’est pas émoussée. De la Vallée des Rois à Louxor au Grand Egyptian Museum du Caire, le jeune pharaon continue de captiver les foules et d’inspirer les chercheurs.

Cette aventure humaine, marquée par l’obstination de Carter, le mécénat de Carnarvon et les tensions diplomatiques avec les autorités égyptiennes, nous rappelle que l’archéologie est bien plus qu’une science : c’est une quête de sens, une plongée dans notre passé collectif. Les trésors découverts dans la tombe KV62, les 5 398 objets soigneusement inventoriés, les photographies de Harry Burton, tout témoigne de l’importance de ce legs pour l’humanité.

Mais cette découverte fut aussi le théâtre d’un phénomène médiatique sans précédent, qui donna naissance à la légende de la malédiction des pharaons. Une légende qui, comme nous l’avons vu, n’est qu’une construction médiatique, une « fake news » avant l’heure, dont les ressorts sont toujours à l’œuvre aujourd’hui.

Que vous soyez passionné d’égyptologie, amateur de mystères ou simple voyageur curieux, le tombeau de Toutankhamon et la Vallée des Rois vous attendent. Louxor, avec ses temples, ses nécropoles et ses trésors, est une invitation à marcher sur les traces de Howard Carter et à plonger dans l’histoire millénaire de l’Égypte ancienne.

Prêt à découvrir Louxor et ses trésors ?

Louxor Balades vous propose des visites guidées de la Vallée des Rois et des excursions sur les traces de Toutankhamon, accompagnées par des égyptologues passionnés. Vivez une expérience inoubliable au cœur de l’Égypte ancienne.

Découvrez nos excursions à Louxor

  • L’Egypte ancienne – Vérités et légendes, Florence Quentin, Perrin, 2022
  • Toutankhamon, Marc Gabolde, Pygmalion, 2015
  • Carter, H. The Tomb of Tutankamun. Dutton & Company, 1972.
  • Hawass, Z. The Golden King: The World of Tutankhamun. National Geographic, 2006.
  • BRENDON PIERS, Thomas Cook, 150 years of popular tourism,  Martin Secker & Warburg Ltd, Londres, 1991, 372 p.
  • HAMBURSIN OLIVIER, Récits du dernier siècle des voyages, Presse Paris Sorbonne, Paris, 2005, 262 p.
  • GAMBLIN SANDRINE , A tale of two cities: tourism and heritage management in Luxor , dans NICHOLAS HOPKINS et REEM SAAD, Social and economic process in upper Egypt, The American University in Cairo Press, Le Caire, 2004
  • https://www.retronews.fr/
  • The Griffith Institute : accès aux archives Carter
  • Historica Graphica Collection/Heritage Images/Getty Images

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