Le mythe fondateur d’Isis et Osiris en Egypte Ancienne

25–37 minutes

le mythe d’Osiris ou pourquoi les Egyptiens croyaient en la vie après la mort.

Premier article de la série « Les rites funéraires en Égypte ancienne »

Lorsque vous arpentez les salles du Grand Musée Égyptien du Caire, que vous vous enfoncez dans les couloirs sombres d’une tombe de la Vallée des Rois ou que vous contemplez les reliefs d’un temple funéraire à Abydos, une question vous effleure inévitablement : pourquoi les anciens Égyptiens ont-ils consacré tant de temps, d’énergie et de richesses à la mort ?

Des pyramides de Gizeh aux hypogées creusés dans la roche, des sarcophages en or massif des pharaons aux modestes cercueils en bois des artisans, tout, dans cette civilisation, semble tourné vers l’au-delà.

Vue générale des trois grandes pyramides de Gizeh, monuments funéraires des pharaons Khéops, Khéphren et Mykérinos.
Les pyramides de Gizeh, les monuments les plus emblématiques de l’Égypte antique, sont avant tout des tombes royales. Élevées pour assurer l’éternité des pharaons, elles incarnent la puissance des croyances funéraires égyptiennes et la volonté de triompher de la mort, un thème au cœur du mythe d’Osiris.

Cette fascination pour l’éternité n’est pas le fruit d’une obsession morbide. Elle repose sur une foi profonde, nourrie par un mythe fondateur : celui d’Osiris, le dieu assassiné puis ressuscité, premier individu soumis au rituel de la momification, devenu le souverain du royaume des morts.

C’est autour de ce récit que s’est construite une vision du monde où la mort n’est qu’une transition, une porte vers une nouvelle existence – pour le simple paysan comme pour le pharaon.

Cet article est le premier d’une série consacrée aux rites funéraires en Égypte ancienne. Il est entièrement dédié au mythe d’Osiris expliqué simplement, sans lequel on ne peut comprendre ni les rites funéraires, ni l’architecture des tombes, ni pourquoi les Égyptiens momifiaient leurs morts. Le mythe d’Isis et Osiris est la clé de voûte de toute la pensée égyptienne sur l’au-delà.

Relief du temple de Séthi Ier à Abydos représentant le pharaon offrant de l'encens à Osiris, assis sur son trône de souverain de l'au-delà
Dans le temple de Séthi Ier à Abydos, ce relief montre le pharaon offrant de l’encens à Osiris. Le dieu, momiforme, trône en souverain de l’au-delà, coiffé de la couronne Atef et tenant les insignes royaux. Cette scène illustre le lien étroit entre le pharaon vivant et Osiris, modèle de toute résurrection.

Dans ce premier volet, nous remonterons aux sources mêmes du mythe. Nous verrons comment les Égyptiens se représentaient la création du monde, comment Osiris est devenu le premier roi d’Égypte, comment il a été assassiné par son frère Seth, puis ressuscité par Isis. C’est une histoire d’Isis et Osiris résumée pour vous donner toutes les clés de compréhension. Nous découvrirons également comment son fils Horus a triomphé du chaos pour devenir le modèle éternel des pharaons.

Les prochains articles de la série aborderont, notamment :

  • Les composantes de l’âme égyptienne : le Ka, le Ba, l’Akh et les autres entités qui composent la personne.
  • Le jugement des morts : la pesée du cœur, la salle des Deux Vérités et le destin de l’âme.
  • La momification : le processus, les étapes, les amulettes et les rites.
  • Les tombes : des mastabas aux pyramides, l’architecture funéraire égyptienne.
  • Les rituels funéraires : la procession, l’ouverture de la bouche, les offrandes et le culte des morts.

Cet article s’adresse à tous les curieux. Vous préparez un voyage en Égypte, vous êtes passionné d’histoire antique ou vous voulez simplement comprendre pourquoi cette civilisation nous fascine encore ? Vous trouverez ici les clés essentielles pour mieux comprendre les monuments, les rites et les croyances des anciens Égyptiens.

  1. le mythe d’Osiris ou pourquoi les Egyptiens croyaient en la vie après la mort.
  2. Le mythe d’Isis et Osiris – une légende qui a tout changé
    1. Aux origines du mythe d’Osiris
    2. La création du monde en Egypte Antique : plusieurs récits, une même logique
    3. Osiris, le roi assassiné
    4. La quête d’Isis
    5. La première momie
    6. Horus, l’héritier et le précurseur des pharaons
    7. Osiris, souverain de l’au-delà
    8. Pourquoi le mythe d’Osiris est-il si important ?
  3. Comment reconnaître Osiris dans l’art égyptien ?
  4. Isis, Seth, Horus : comment les reconnaître dans l’art égyptien ?
  5. Un mythe pour l’éternité
  6. Quelques lectures sur le mythe d’Osiris pour aller plus loin
    1. Ouvrages spécialisés
    2. Ouvrages jeunesses sur le mythe d’Isis et Osiris

Avant de raconter l’histoire d’Osiris, il faut comprendre d’où nous la connaissons. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’existe pas un unique récit canonique du mythe osirien. Nous le connaissons à travers plusieurs couches de sources, qui s’étendent sur près de trois millénaires.

Les plus anciennes sont les Textes des Pyramides, gravés sur les parois des tombes royales à la fin de l’Ancien Empire (à partir de la Ve dynastie, vers 2400 av. J.-C.). Ces inscriptions, réservées aux pharaons uniquement, contiennent des formules magiques qui accompagnent le roi dans l’au-delà. C’est dans ces textes qu’apparaît pour la première fois la figure d’Osiris comme « dieu des morts ». Les égyptologues estiment que la théologie osirienne est apparue au début de la Ve dynastie. Son impact fut considérable, bien au-delà du seul cercle royal.

Photographie ancienne de la chambre funéraire de la pyramide d'Ounas à Saqqara, montrant les Textes des Pyramides gravés en hiéroglyphes sur les murs de calcaire.
Photographie ancienne de la chambre funéraire de la pyramide d’Ounas, à Saqqara (Ve dynastie, vers 2370 av. J.-C.). Ce monument est le premier à porter les Textes des Pyramides, la plus ancienne collection de formules funéraires royales. Les parois de calcaire sont couvertes de hiéroglyphes qui accompagnaient le pharaon défunt dans son voyage vers l’au-delà, le transformant en Osiris. Cette image, conservée par le Brooklyn Museum, témoigne de l’importance des textes dans les croyances funéraires égyptiennes.

Au Moyen Empire (vers 2000-1650 av. J.-C.), les Textes des Sarcophages étendent ces formules aux nobles et aux particuliers. Les cercueils en bois peints portent désormais des versions plus élaborées des mêmes incantations, adaptées à un public plus large.

Au Nouvel Empire (à partir de 1550 av. J.-C.), les textes funéraires se diversifient et se multiplient.

Le Livre des Morts n’est qu’un recueil parmi d’autres, et il n’est pas seulement écrit sur papyrus. On le trouve également gravé sur les parois des tombes, peint sur les cercueils, inscrit sur les linceuls, les statuettes funéraires (ouchebtis), les amulettes et même les bandelettes des momies.

C’est une composition funéraire complète, un véritable guide pour l’au-delà, dont le contenu a varié au cours des siècles. Le chapitre 125, qui décrit le jugement de l’âme devant Osiris, est l’un des plus célèbres.

Scène du jugement des morts issue du papyrus d'Hounefer, montrant la pesée du cœur du défunt face à la plume de Maât, en présence d'Osiris, de Thot et d'Ammout – British Museum, Londres.
Scène célèbre du papyrus d’Hounefer, conservé au British Museum de Londres. Elle illustre le chapitre 125 du Livre des Morts : le cœur du défunt est pesé sur une balance face à la plume de Maât, déesse de la vérité et de la justice. Anubis procède à la pesée, Thot enregistre le résultat, tandis qu’Osiris, assis sur son trône, préside le jugement. Ammout, le monstre dévoreur, attend le cœur du défunt s’il est jugé indigne. Cette scène, datée de la XIXe dynastie (vers 1275 av. J.-C.), est l’une des représentations les plus emblématiques du jugement des morts dans l’Égypte antique.

Au Nouvel Empire, d’autres livres funéraires apparaissent, réservés aux pharaons, comme le Livre de l’Amdouat, le Livre des Portes ou le Livre des Cavernes. Leur contenu et leur emplacement dans la tombe variaient selon le rang du défunt, mais tous avaient le même but : décrire le voyage nocturne du soleil à travers les douze heures de la nuit pour assurer la survie éternelle.

Enfin, une source tardive, mais précieuse, est le traité Sur Isis et Osiris de Plutarque, un philosophe grec du Ier siècle apr. J.-C., qui compile et interprète les traditions égyptiennes de son époque. Son récit, bien qu’influencé par la pensée grecque, reste notre description la plus complète du mythe.

Ces sources ne racontent pas une histoire unique et figée. Elles présentent des versions du mythe qui varient selon les époques, les lieux et les contextes rituels. Le dieu Osiris lui-même n’a pas toujours occupé la même place dans le panthéon égyptien. Mais c’est bien autour de lui que s’est construite la vision égyptienne de l’au-delà, qui a marqué toute la civilisation pharaonique.

Avant d’entrer dans le récit d’Osiris, il faut rappeler un principe fondamental de la pensée égyptienne : le monde est né du chaos. Avant la création, il n’y avait que les eaux ténébreuses et infinies du Noun – l’océan primordial dont tout est issu. De ce chaos primordial émergea une colline, la première terre émergée du chaos – le benben – sur laquelle le dieu créateur se manifesta.

Représentation du dieu Noun sortant des eaux primordiales et portant la barque solaire avec le scarabée Khépri, Isis et Nephtys – scène du Livre des Portes, papyrus de Khonsoumès, IIIe période intermédiaire, Bibliothèque nationale de France.
Cette image du papyrus de Khonsoumès (IIIe période intermédiaire, Bibliothèque nationale de France) illustre la douzième et dernière séquence du Livre des Portes. Elle montre l’instant où le Soleil sort du monde souterrain pour renaître à l’aube. Le dieu Noun, personnification des eaux primordiales, s’élève de l’océan originel pour porter la barque solaire. À son bord, le scarabée Khépri tient le disque solaire, symbole de la renaissance quotidienne. Isis et Nephtys encadrent la scène, accueillant le Soleil renaissant. Cette vignette met en image la pensée cosmogonique égyptienne, où le monde émerge à chaque aube du chaos originel.

Mais il existe plusieurs versions de cette création, selon les centres religieux. À Héliopolis, le dieu créateur est Atoum (parfois associé à Rê), qui se crée lui-même en émergeant du Noun. Par un acte de masturbation ou de crachat, il donne naissance à Chou (l’Air) et Tefnout (l’Humidité). Ceux-ci engendrent à leur tour Geb (la Terre) et Nout (la Voûte céleste). C’est ce qu’on appelle l’Ennéade d’Héliopolis  – un groupe de neuf dieux fondateurs qui, dans la cosmogonie (récit mythique expliquant la naissance et la formation de l’Univers) héliopolitaine, sont à l’origine du monde.

Représentation de la déesse Nout, voûte céleste étoilée, soutenue par le dieu Shou et les dieux Heh au-dessus de Geb, dieu de la Terre à la peau verte – papyrus funéraire de Djedkhonsouefankh, IIIe période intermédiaire.
Cette vignette du papyrus funéraire de Djedkhonsouefankh (IIIe période intermédiaire) illustre la cosmogonie égyptienne. La déesse Nout, personnification de la voûte céleste parsemée d’étoiles, est soutenue par le dieu Shou (l’air) et par les dieux Heh (l’infini, les espaces). Au-dessous d’elle, Geb, dieu de la Terre, est allongé, la peau verte évoquant la végétation et la fertilité. Cette image représente la séparation du ciel et de la terre, un acte fondateur de la création, immortalisé dans les textes funéraires pour garantir la renaissance du défunt.

À Memphis, c’est le dieu Ptah qui crée le monde par la pensée et la parole. À Thèbes, c’est Amon qui joue ce rôle. Ces récits ne se contredisent pas : ils coexistent et se complètent, car chaque grand temple développait sa propre théologie tout en reconnaissant la validité des autres.

La généalogie qui nous intéresse est celle d’Héliopolis. Elle s’établit ainsi :

Atoum (dieu créateur, le soleil couchant) → Chou (dieu de l’air) et Tefnout (déesse de l’humidité) → Geb (dieu de la Terre) et Nout (déesse du Ciel) → Osiris, Isis, Seth et Nephtys, les quatre enfants de Geb et Nout.

C’est Geb, la Terre, qui transmit le trône d’Égypte à son fils aîné Osiris. C’est ainsi qu’Osiris devint le premier roi de l’Égypte, avant même les pharaons.

Osiris règne sur l’Égypte en roi juste et civilisateur. Il apprend aux hommes l’agriculture, leur donne des lois et leur enseigne à honorer les dieux. Son règne est une période de prospérité et d’harmonie.

Son frère cadet, Seth, est rongé par la jalousie. Dieu du chaos, de la violence et du désert, il convoite le trône. Seth, après avoir mesuré secrètement Osiris, construit un magnifique coffre en bois aux dimensions exactes du dieu. Il organise un banquet et présente le coffre, promettant de l’offrir à celui qui s’y adapterait parfaitement. Lorsque Osiris s’y allonge, Seth referme brutalement le couvercle, le scelle et jette le coffre dans le Nil. Osiris périt noyé. Le coffre dérive jusqu’à Byblos où un arbre (l’Erica) l’enveloppe rapidement, jusqu’à ce que le roi de Byblos l’intègre comme colonne de son palais. Seth usurpe le trône.

Première quête d’Isis. Isis, épouse et sœur d’Osiris, refuse d’accepter cette mort. Aidée de sa sœur Nephtys, épouse de Seth, elle part à la recherche du corps de son époux. Isis réussit à convaincre le roi de Byblos de lui donner la colonne de son palais. Elle en extrait le coffre contenant le corps d’Osiris et le ramène en Égypte par bateau. Elle cache ensuite le coffre dans les marais du delta du Nil (près de Bouto) en attendant de trouver un moyen de ressusciter son époux.

Infographie des quatre protagonistes du mythe osirien : Osiris, Isis, Seth et Nephtys, les deux couples frères-sœurs issus de Geb et Nout, avec leurs attributs iconographiques.
Cette infographie présente les quatre enfants de Geb et Nout, au cœur du mythe osirien. Osiris, le roi assassiné puis ressuscité, trône en souverain de l’au-delà, coiffé de la couronne Atef, tenant le crochet et le fléau. Isis, sa sœur et épouse, protectrice des morts, est reconnaissable à sa coiffe en forme de trône ou de cornes de vache encadrant le disque solaire. Seth, dieu du chaos et de la violence, se distingue par sa tête d’animal fabuleux aux oreilles carrées et au museau courbe. Nephtys, sœur d’Osiris et d’Isis, épouse de Seth, est coiffée du hiéroglyphe de la « maison » ou du « château ». Ces deux couples frères-sœurs incarnent l’ordre et le chaos, la fidélité et la trahison, la vie et la mort, au cœur de la théologie égyptienne.

Alors que Seth chasse de nuit sous la pleine lune, il découvre par hasard le coffre caché dans les roseaux. Fou de rage en voyant que son crime est découvert et que le corps a été récupéré, il décide de rendre toute réanimation impossible. Il ouvre le coffre, sort le cadavre d’Osiris et le découpe en morceaux.

Selon les textes, le corps est divisé en 14 morceaux (symbolisant les 14 jours de la lune décroissante) ou parfois 42 morceaux (représentant les 42 provinces ou « nomes » de l’Égypte).

Seth disperse les morceaux à travers toute l’Égypte, espérant qu’ils ne soient jamais réunis.

La seconde quête d’Isis. Isis ne renonce pas et se lance, toujours accompagnée de Nephtys, dans une nouvelle quête, cette fois minutieuse et longue. Elles parcourent l’Égypte à la recherche des fragments éparpillés. Elles retrouvent les morceaux un par un. Isis reconstitue le corps et le momifie avec l’aide d’Anubis, créant ainsi la première momie. Selon certaines traditions, un seul morceau manque à l’appel – le phallus, qui aurait été avalé par un poisson. Isis façonne un membre artificiel en argile (ou en bois) pour remplacer le morceau manquant.

Scène des mystères d'Osiris au temple de Philae, représentant le dieu Osiris momiforme, le sexe en érection, ressuscité par les gestes magiques d'Isis et Nephtys.
Cette scène du temple de Philae, dédié à Isis, illustre l’épisode central des mystères d’Osiris (temple de Philae) : la résurrection du dieu. Osiris, momiforme, repose sur un lit funéraire, le sexe en érection, signe de sa renaissance et de sa capacité à engendrer un héritier. À sa tête, Nephtys, et à ses pieds, Isis, ses sœurs et épouses, accomplissent des gestes rituels destinés à lui rendre la vie. Cette image évoque le moment où Isis, par la magie, conçut Horus du corps ressuscité d’Osiris.

Avec l’aide d’Anubis, Isis rassemble les morceaux et invente les rites de la momification en enveloppant le corps de bandelettes pour lui redonner son intégrité physique. Grâce à sa magie et en battant des ailes au-dessus du corps reconstruit, elle insuffle brièvement la vie à Osiris. C’est durant cet instant suspendu qu’elle conçoit leur fils, Horus, qui grandira dans le secret des marais pour venger son père.

Statue égyptienne en bronze représentant la déesse Isis assise, allaitant son fils Horus enfant, coiffée de la couronne hathorique, Walters Art Museum (inv. 54416).
Cette statue en bronze, conservée au Walters Art Museum de Baltimore, représente l’une des images les plus emblématiques de la religion égyptienne : Isis allaitant son fils Horus. La déesse, coiffée de la couronne hathorique composée de cornes de vache encadrant le disque solaire, tient l’enfant, Horus, nu, sur ses genoux. Cette iconographie, qui deviendra un modèle pour les représentations de la Vierge à l’Enfant dans l’art chrétien, symbolise la maternité divine, la protection et la transmission du pouvoir royal.

Osiris devient le souverain du royaume des morts, le juge suprême des âmes.

Après la résurrection d’Osiris dans l’au-delà, c’est son fils Horus qui incarne l’espoir de restauration de l’ordre. Conçu par Isis grâce à ses pouvoirs magiques après la résurrection d’Osiris, Horus naît dans le secret des marais du Delta, caché de Seth qui craint la vengeance de l’héritier légitime.

Le combat d’Horus contre Seth ne se limite pas à une querelle familiale. Il s’agit d’un affrontement cosmique entre l’ordre et le chaos, dont l’enjeu est la légitimité du trône d’Égypte. Seth représente la violence, la tempête et la perturbation, tandis qu’Horus incarne la justice restaurée. Selon les mythes, Horus dut affronter une série d’épreuves et de combats singuliers.

Le conflit entre Horus et Seth dure 80 ans. Ce combat mythologique entre Horus et Seth est un affrontement à la fois judiciaire devant le tribunal des dieux (l’Ennéade) et physique. Il incarne la lutte éternelle entre l’ordre et le chaos. Seth refuse de céder le trône à un jeune homme, tandis qu’Horus réclame son héritage légitime.

Les combats prennent des formes variées et violentes :

  • Les hippopotames : Les deux rivaux se transforment en hippopotames et s’immergent dans le Nil. Le premier qui refait surface a perdu. Isis, voulant aider son fils, blesse Seth avec un harpon, mais elle a pitié de son frère et le relâche. Fou de rage, Horus décapite sa propre mère (Thot lui redonnera une tête de vache).
  • L’agression sexuelle. Seth tente d’humilier Horus en abusant de lui, un acte qui, dans la logique du mythe, vise à prouver sa domination. Mais Isis retourne la situation : elle place la semence d’Horus sur la nourriture de Seth. Devant le tribunal des dieux, c’est la semence d’Horus qui répond depuis l’intérieur de Seth, prouvant que c’est Seth qui a été dominé. Cet épisode consacre la supériorité d’Horus et humilie définitivement son rival.
  • La mutilation : Lors d’une violente bataille, Seth arrache l’œil gauche d’Horus. Cet œil, brisé en morceaux, est reconstruit par le dieu Thot pour devenir l’Œil Oudjat, symbole de guérison et d’intégrité. En retour, Horus castre Seth.
  • La course de bateaux : Seth propose une course dans des bateaux en pierre. Horus triche en fabriquant un bateau en bois recouvert de plâtre pour imiter la pierre. Le bateau de Seth, en vraie pierre, coule immédiatement.
Relief ptolémaïque du temple d'Edfou représentant Horus harponnant Seth métamorphosé en hippopotame, scène du combat mythologique pour la légitimité du trône d'Égypte.
Ce relief du déambulatoire ouest du temple d’Edfou illustre l’épisode central du combat entre Horus et Seth. Le dieu faucon, vêtu du pagne royal et coiffé du pschent, harponne Seth transformé en hippopotame, symbole des forces du chaos. Cette scène s’inscrit dans le rituel de la « fête de la victoire » où le roi, incarnant Horus, abat les ennemis de l’ordre cosmique.

Le conflit prend fin lorsque le tribunal, poussé par une lettre menaçante d’Osiris depuis le royaume des morts, tranche en faveur d’Horus. Horus devient le roi légitime de la terre (les pharaons vivants), tandis que Seth est banni ou associé aux tempêtes et au désert.

Cette décision consacre le principe selon lequel le pouvoir revient à l’héritier légitime et non à celui qui s’en empare par la force.

Cette mythologie fonde la conception même de la royauté égyptienne. Le pharaon régnant est considéré comme l’incarnation vivante d’Horus sur terre. Son prédécesseur défunt devient Osiris, souverain de l’au-delà. À la mort du roi, son successeur – qu’il soit ou non son fils biologique – devient le nouvel Horus.

Cette transmission dynastique, héritée du combat mythologique, fut pensée pour garantir la stabilité de l’Égypte. Dans les cérémonies de couronnement, le dieu faucon était souvent représenté coiffant le pharaon de la couronne, scellant ainsi l’alliance divine qui légitimait son pouvoir. Horus est ainsi bien plus qu’un dieu vengeur : il est le modèle éternel du roi juste, le garant de l’ordre et de la continuité dynastique.

Après avoir été reconstruit et rendu immortel par la momification, Osiris ne peut plus régner sur le monde des vivants. Il descend dans l’Inframonde (la Douat : le monde souterrain égyptien, où résident les morts et où voyagent, la nuit les dieux solaires) et en devient le roi incontesté.

Son rôle se décline en plusieurs fonctions majeures :

  • Le dieu de la fertilité : Sa mort et sa résurrection sont intimement liées au cycle de la nature. Il incarne le Nil qui déborde et fertilise la terre, permettant au grain de pousser après avoir été « enterré » dans le sol. On fabriquait d’ailleurs des « Osiris végétants » – des moules en terre, en forme d’Osiris, remplis de graines d’orge ou de blé. Arrosés, ils verdissaient en quelques jours, symbolisant la résurrection du dieu et le retour à la vie après la mort.
  • Le juge suprême : Osiris préside le tribunal des morts lors du rituel de la pesée du cœur (psychostasie), l’un des épisodes les plus célèbres de la religion égyptienne. Cette pesée du cœur dans l’Égypte antique détermine si le défunt est digne d’accéder à la vie éternelle. Assis sur son trône, il observe le cœur du défunt être pesé contre la plume de Maât – la déesse de la vérité, de la justice et de l’ordre cosmique, l’équilibre du monde. Si le cœur est plus léger ou égal à la plume, le défunt est déclaré « juste de voix » et gagne l’éternité.
  • Le garant de la résurrection : En tant que première momie, Osiris est le modèle que chaque Égyptien décédé cherche à imiter. Devenir un « Osiris » (le défunt est appelé ainsi dans les textes funéraires) est la clé pour vaincre la mort.
Figurine rituelle d'Osiris végétant, momiforme, composée de terre et de grains, placée dans un sarcophage en bois à tête de faucon – Égypte, époque ptolémaïque, collection privée.
Cette figurine d’Osiris végétant (pseudo-momie d’Osiris) est présentée dans un sarcophage en bois orné d’une tête de faucon, symbole du dieu Sokar, avec lequel Osiris est souvent associé . Confectionnée lors des fêtes du mois de Khoiak, elle est composée d’un mélange de terre et de grains d’orge destinés à germer, symbolisant la renaissance du dieu et le cycle de la végétation .

Ce mythe dépasse la simple légende. Pour comprendre la signification du mythe d’Osiris, il faut voir qu’il touche à la fois à la religion, à la politique et à la compréhension du monde. Pour les Égyptiens, il n’était pas une histoire lointaine : il était la clé de leur propre existence et de leur survie après la mort.

  • Le triomphe de la vie sur la mort. Osiris est assassiné, démembré, puis ressuscité. Son destin offre l’espoir d’une survie après la mort à chaque Égyptien, du pharaon au plus humble des artisans. C’est pourquoi les textes funéraires appellent le défunt « Osiris » : en mourant, chacun devient une image du dieu ressuscité.
  • La lutte entre l’ordre et le chaos. Osiris incarne l’ordre civilisateur, Seth le chaos destructeur. Leur affrontement symbolise la tension permanente entre harmonie et désordre, entre la stabilité que le pharaon doit maintenir et les forces qui menacent l’Égypte.
  • La légitimation du pouvoir. Le mythe justifie la royauté. Le pharaon régnant est l’incarnation d’Horus sur terre, tandis qu’à sa mort, il devient Osiris – une formule que l’on retrouve dans les Textes des Pyramides : « Ô roi, tu es Osiris ». Cette double identité place le souverain au cœur de l’ordre cosmique et légitime la succession dynastique.
  • Le cycle naturel. Osiris est associé à la crue du Nil et à la renaissance annuelle de la végétation. Sa mort et sa résurrection symbolisent le cycle des saisons. Chaque année, quand les eaux se retirent et que la terre redevient fertile, les Égyptiens voient la promesse d’Osiris se renouveler.

Ainsi, le mythe d’Osiris n’est pas seulement une histoire sur un dieu assassiné. C’est une explication du monde, une promesse de survie et une justification du pouvoir.

Il a façonné la civilisation égyptienne pendant plus de trois mille ans et continue de fasciner ceux qui visitent aujourd’hui les temples et les tombes de la Vallée des Rois.

Pour le voyageur, cette connaissance du mythe prend tout son sens lorsqu’il peut reconnaître les dieux sur les monuments. Voici comment identifier Osiris et les autres protagonistes du mythe dans l’art égyptien. 

Pour le voyageur qui arpente les salles des musées ou les murs des temples, savoir comment reconnaître Osiris dans l’art égyptien est un atout précieux. Le dieu est l’un des plus faciles à identifier, car son iconographie est très codifiée et n’a que peu varié au cours des millénaires.

Osiris est presque toujours représenté sous la forme d’une momie, le corps enveloppé de bandelettes, n’en laissant apparaître que la tête et les mains .

Cette représentation souligne son lien étroit avec la mort et la résurrection. Il tient dans ses mains les insignes royaux par excellence : le crochet (héqa) et le fléau (nékhékha), symboles de son autorité sur le royaume des morts et sur les forces de la nature . Ces attributs du dieu Osiris sont reconnaissables entre tous.

Il porte une longue barbe postiche, tressée et recourbée à son extrémité, attribut distinctif des dieux .

Sa coiffe est caractéristique : la couronne Atef, composée de la couronne blanche de Haute-Égypte, encadrée de deux hautes plumes d’autruche qui symbolisent la justice et l’équilibre du monde.

Relief du temple ptolémaïque d'Hathor à Deir el-Médineh représentant le dieu Osiris assis sur son trône, juge suprême des morts, figuré sous les traits d'une momie royale, coiffé de la couronne Atef et tenant les insignes de l'autorité, le crochet et le fléau . La scène est située dans une chapelle  du sanctuaire, un espace dédié aux rites osiriens et à la renaissance du dieu, en lien avec le contexte funéraire de la nécropole thébaine
Ce relief du temple ptolémaïque d’Hathor à Deir el-Médineh représente le dieu Osiris siégeant en majesté sur son trône, tel qu’il préside le tribunal des morts . Momiforme, il est coiffé de la couronne Atef et tient le crochet (héqa) et le fléau (nékhékha), symboles de son autorité souveraine sur le royaume des défunts.

Selon les époques et les contextes, Osiris peut arborer quelques variantes. Il peut porter la couronne atef (couronne blanche encadrée de plumes d’autruche)  ou la simple couronne blanche .

Sur les papyrus du Livre des Morts, on le voit souvent assis sur son trône, juge suprême, présidant la pesée du cœur. Dans les temples, il peut être figuré debout, en majesté, ou allongé sur un lit funéraire. Sa peau est souvent verte, symbolisant la régénération et le monde végétal, ou noire, évoquant la terre fertile du Nil, le limon déposé par la crue.

Statue en bois peint en noir représentant le dieu Osiris, momiforme, coiffé de la couronne Atef, tenant le crochet et le fléau, conservée au Musée de la Momification de Louxor.
Cette statue en bois, peinte en noir, représente Osiris sous sa forme momiforme traditionnelle, coiffé de la couronne Atef. Le dieu tient dans ses mains les insignes royaux: le crochet (héqa) et le fléau (nékhékha), symboles de son autorité sur le royaume des morts. Sa couleur noire évoque la terre fertile déposée par la crue du Nil, symbole de régénération et de renaissance. Cette statue est conservée au Musée de la Momification de Louxor.

En visitant les musées, le voyageur pourra reconnaître Osiris dans de nombreuses statuettes votives en bronze, offertes en guise de piété . Ces figurines, souvent de petites dimensions, reprennent tous les attributs du dieu : corps momiforme, crochet et fléau, barbe tressée, couronne atef ou blanche . Cette iconographie, très standardisée, fait d’Osiris l’un des dieux les plus immédiatement reconnaissables de l’Égypte antique.

Le voyageur croisera également sur les monuments les autres figures du mythe osirien. Voici quelques clés pour les identifier.

Isis est l’une des déesses les plus représentées de l’Égypte antique. Elle est souvent figurée sous la forme d’une femme portant sur la tête un trône – son hiéroglyphe – ou, plus souvent encore, une coiffe composée de cornes de vache encadrant le disque solaire, attribut qu’elle partage avec Hathor. Elle tient dans une main le signe de vie ânkh et dans l’autre un sceptre en forme de lotus. Parfois, elle est représentée allaitant son fils Horus, une image qui deviendra plus tard un modèle pour les représentations de la Vierge à l’Enfant dans l’art chrétien.

Statuette en bois de la déesse Isis, coiffée de son attribut distinctif en forme de trône, conservée au Musée de la Momification de Louxor.
Cette statuette en bois, conservée au Musée de la Momification de Louxor, représente la déesse Isis. Elle est reconnaissable à sa coiffe caractéristique : le hiéroglyphe en forme de trône qui orne sa tête, symbole de son nom et de son rôle de reine-mère. Isis, figure centrale du mythe osirien, est la protectrice des morts et la mère d’Horus. Sa présence dans les collections funéraires souligne son rôle dans la résurrection et la protection du défunt dans l’au-delà.

Ce que le voyageur peut observer : Isis est omniprésente dans les scènes funéraires, où elle apparaît souvent aux côtés d’Osiris ou de Nephtys, protectrice des morts. On la voit également sur les sarcophages, où elle est figurée aux pieds du défunt, tandis que Nephtys est à la tête. Ses statues et reliefs sont visibles dans les tombes et dans tous les grands musées, du Louvre au GEM.

Relief ptolémaïque de la chapelle sud du temple d'Hathor à Deir el-Médineh représentant Isis, coiffée des cornes hathoriques et du disque solaire, levant les mains en signe de protection au-dessus d'Osiris assis sur son trône
Cette scène, située dans une chapelle du petit temple d’Hathor à Deir el-Médineh, représente Isis, reconnaissable à sa coiffe composite (cornes de vache encadrant le disque solaire) qui l’associe à Hathor , se tenant derrière Osiris, les mains levées en un geste de protection. Osiris, momiforme, siège sur son trône en souverain de l’au-delà.

Nephtys, sœur cadette d’Osiris et d’Isis, est souvent représentée comme une femme coiffée d’un hiéroglyphe représentant un « château » ou une « maison » (neb-out), parfois surmonté d’un panier ou d’une enclume. Elle est associée à la protection des morts et aux rites funéraires. Dans les scènes de deuil, elle est figurée pleurant aux côtés d’Isis, les bras levés en signe de lamentation, ou agenouillée devant le corps du défunt.

Relief funéraire représentant la déesse Nephtys, reconnaissable à sa coiffe portant l'hiéroglyphe de la maison, dans la tombe d'Amonkhepershef, Vallée des Reines.
Nephtys est ici représentée avec son attribut distinctif : l’hiéroglyphe de la maison (un panier posé sur un plan de maison) sur la tête . Cette coiffe symbolise son rôle de protectrice des sarcophages et des défunts  (tombe d’Amonkhepershef, dans la Vallée des Reines)

Ce que le voyageur peut observer : Nephtys est rarement représentée seule. Elle apparaît le plus souvent aux côtés d’Isis, formant un duo indissociable, notamment dans les scènes de momification et de deuil. On la reconnaît à sa coiffe caractéristique, qui la distingue de sa sœur. On la voit également sur les sarcophages, souvent à la tête du défunt.

Seth est reconnaissable entre tous. Contrairement à la plupart des dieux égyptiens, il n’a pas d’équivalent dans le monde réel. Il est représenté avec une tête d’animal fabuleux – l’animal de Seth – qui combine un museau courbe, des oreilles carrées et une queue fourchue. Sa silhouette est souvent inclinée vers l’avant, comme s’il était en mouvement. Parfois, il est figuré sous la forme d’un hippopotame ou d’un crocodile, symboles de puissance dangereuse.

Relief du grand temple d'Abou Simbel représentant le pharaon Ramsès II couronné par les dieux Seth et Horus, symboles de la royauté sur les Deux Terres.
Ce relief du grand temple d’Abou Simbel illustre la légitimation divine du pouvoir royal. Ramsès II est couronné par deux dieux : à sa gauche, Seth, dieu du chaos et de la violence, reconnaissable à sa tête d’animal fabuleux ; à sa droite, Horus, dieu faucon, protecteur de la royauté. Cette scène, fréquente dans l’iconographie royale, affirme que le pharaon règne sur les Deux Terres par la volonté des dieux et qu’il incarne l’équilibre cosmique entre les forces antagonistes de l’ordre et du chaos.

Ce que le voyageur peut observer : Seth est plus rare dans les scènes funéraires que les autres protagonistes, car il représente le chaos. On le trouve surtout dans les scènes mythologiques, où il est vaincu par Horus. Il est également présent sur certaines amulettes, où il est invoqué pour sa force ou sa protection contre les ennemis.

Tête du Dieu Seth - détail du groupe statuaire en granit rose représentant le pharaon Ramsès III couronné par les dieux Seth et Horus, provenant de Médinet Habou et conservé au Musée Égyptien du Caire (JE 31628).
Tête du Dieu Seth – détail du groupe statuaire en granit rose représentant le pharaon Ramsès III couronné par les dieux Seth et Horus, provenant de Médinet Habou et conservé au Musée Égyptien du Caire.

Horus est généralement représenté sous la forme d’un faucon, ou d’un homme à tête de faucon. Il est souvent coiffé de la double couronne (pschent), symbole de sa souveraineté sur toute l’Égypte, ou de la couronne rouge de Basse-Égypte. Il tient dans ses mains le sceptre « ouas », emblème de puissance et de domination, et le signe ankh, symbole de vie éternelle. Il est parfois figuré sous la forme d’un jeune enfant, porté par sa mère Isis.

Relief ptolémaïque du temple d'Edfou représentant le dieu faucon Horus, coiffé du pschent, tenant le sceptre ouas et le signe ankh.
Sur les murs du temple, Horus est représenté avec ses attributs distinctifs : la double couronne (pschent), symbole de sa souveraineté sur les Deux Terres, le sceptre ouas, emblème de puissance et de domination, et le signe ankh, symbole de vie éternelle .

Ce que le voyageur peut observer : Horus est partout : sur les pylônes des temples, où il est figuré en faucon volant au-dessus du pharaon ; sur les statues royales, où le pharaon est représenté sous sa protection ; dans les scènes de couronnement. L’Œil Oudjat, son œil reconstitué par Thot, est l’une des amulettes les plus courantes que le voyageur verra sur les bijoux et les objets funéraires.

Le mythe d’Osiris n’est pas une simple légende du passé. Il est le fondement sur lequel les Égyptiens ont bâti toute leur conception de la mort et de l’au-delà. Comprendre cette histoire, c’est comprendre pourquoi ils momifiaient leurs morts, pourquoi ils construisaient des tombes si élaborées, pourquoi ils récitaient des formules magiques pour guider l’âme.

Osiris, le roi assassiné puis ressuscité, est devenu le modèle de toute résurrection. Isis, par sa quête obstinée, incarne la fidélité et la puissance de l’amour. Horus, par sa victoire sur Seth, a fondé la légitimité des pharaons. Et Seth, le dieu du chaos, rappelle que l’ordre n’est jamais acquis.

Ce mythe traverse les siècles. Il est gravé sur les parois des tombes de la Vallée des Rois, peint sur les papyrus du Livre des Morts, sculpté sur les sarcophages des musées. En le connaissant, vous ne regarderez plus jamais les monuments égyptiens de la même manière.

Et maintenant ?

Ce premier article de la série consacrée aux rites funéraires en Égypte ancienne vous a plongé au cœur du mythe d’Osiris expliqué simplement. Vous connaissez désormais l’histoire d’Isis et Osiris dans ses grandes lignes, le rôle de chacun des protagonistes et comment reconnaître Osiris dans l’art égyptien.

Dans les prochains articles, nous poursuivrons l’exploration des croyances et des pratiques qui ont façonné la vision égyptienne de l’au-delà – l’âme, le jugement, la momification, les tombes et les rituels.

Ouvrages spécialisés

Si vous souhaitez approfondir le mythe d’Osiris, voici quelques ouvrages de référence :

  • Plutarque. Isis et Osiris (trad. Mario Meunier). La source antique la plus complète sur le mythe, écrite au Ier siècle apr. J.-C.
  • LEFÉBURE, Eugène. Le mythe Osirien (1874-1875). Une étude pionnière sur les symboles et les différentes versions du récit.
  • AHMED, Mohamed Yousri. L’Âge d’Or : Le Mythe d’Osiris et d’Isis (2026). Un ouvrage récent qui mêle histoire, art et spiritualité.
  • COLLECTIF. Les contes d’Égypte. Lito, 2018. : un recueil de contes, de légendes et de mythes de l’Égypte ancienne qui permet de découvrir la création du monde par Atoum, la légende d’Osiris, la naissance d’Horus et d’autres récits fondateurs.

Ouvrages jeunesses sur le mythe d’Isis et Osiris

  • SOLLE, Bénédicte, et Mélanie Roubineau (ill.). Isis et Osiris. Milan, coll. « Mes p’tits mythes », 2023. Une introduction accessible au mythe d’Isis et Osiris pour les jeunes lecteurs. L’ouvrage explique les croyances égyptiennes autour des cycles de la vie et de la mort, ainsi que les rituels d’embaumement, en lien avec le récit fondateur.
  • KOENIG, Viviane, et Clémence Paldaci (ill.). Isis et Osiris. Casterman, 2019, 63 p., 13,95 €. Un album illustré qui raconte le mythe d’Isis et Osiris, en mettant en lumière les épisodes clés du récit et les principaux protagonistes.
  • Mythologie et histoires de toujours – Isis et Osiris (dès 9 ans). Hatier, coll. « Romans poche », 2018 (ISBN : 978-2-401-04325-1)

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